
Château de Montlivault
Aux portes de la Sologne, ce château ligérien du XVIIe siècle déploie son élégance discrète entre deux parcs réunis par une voûte, gardant en mémoire le passage de Richelieu en 1628.

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History
Niché dans la plaine fertile qui s'étend entre la Loire et les premiers boisements solognots, le château de Montlivault est l'un de ces manoirs ligériens que l'on qualifie volontiers d'intimes : assez grand pour imposer le respect, assez humain pour séduire sans faste inutile. Le visiteur qui s'y aventure découvre un ensemble cohérent construit sur près de trois siècles, où chaque époque a su composer avec l'existant sans jamais rompre l'harmonie d'ensemble. Ce qui distingue Montlivault de la plupart des demeures de la région, c'est d'abord sa singularité paysagère : la route départementale qui longe la propriété ne la coupe pas en deux mais passe littéralement sous elle, grâce à une voûte maçonnée qui relie les deux parties du parc. Ce dispositif, rare pour un domaine de cette taille, confère au château une relation originale avec son territoire, comme si la demeure avait su domestiquer jusqu'au chemin public. À l'intérieur, les lambris Louis XV constituent le joyau du décor. Sculptés avec la légèreté propre au style rocaille de la première moitié du XVIIIe siècle, ils habillent les salles principales d'un raffinement de bon ton, loin de la pompe versaillaise mais parfaitement dans l'esprit de cette aristocratie provinciale cultivée qui faisait de ses maisons des lieux de vie autant que de représentation. Le parc, quant à lui, offre aux promeneurs des perspectives soigneusement ménagées sur le corps de logis et ses dépendances. Le dialogue entre la pierre blanche de tuffeau, caractéristique du Val de Loire, et la végétance bien ordonnée du domaine compose des tableaux dignes d'une aquarelle du XIXe siècle. Montlivault est un château à vivre plus qu'à contempler : il invite à ralentir, à chercher les détails, à imaginer les conversations qui ont animé ses salons sous le règne de Louis XV.
Architecture
Le château de Montlivault présente une architecture de transition caractéristique du premier XVIIe siècle ligérien, héritière des leçons de la Renaissance tout en annonçant la rigueur classique qui s'imposera sous Louis XIII et Louis XIV. Le corps de logis principal, élevé entre 1610 et 1620, adopte le parti sobre et rectiligne en vogue à cette époque : façades ordonnées de travées régulières, toiture à forte pente couverte de tuiles plates ou d'ardoise, encadrements de baies en pierre de tuffeau finement moulurée. L'aile basse ajoutée en 1738 s'inscrit en harmonie avec cet ensemble, créant une composition en L qui structure l'espace intérieur du domaine. Les deux tourelles en encorbellement, dont l'une a malheureusement été démolie en 1972, constituaient l'un des éléments les plus pittoresques de l'élévation. Portées par des corbeaux de pierre, elles rappellent les pratiques architecturales de la fin du Moyen Âge et de la première Renaissance, délibérément convoquées au XVIIIe siècle pour conférer à l'édifice un caractère à la fois historique et seigneurial. Cette survivance de motifs gothicisants dans un contexte classique est typique de l'architecture des châteaux ligériens intermédiaires. L'intérieur conserve ses lambris Louis XV, chef-d'œuvre de la menuiserie décorative provinciale du XVIIIe siècle. Leurs panneaux finement sculptés de rinceaux, coquilles et motifs floraux enveloppent les pièces de réception d'une atmosphère d'élégance feutrée. La voûte maçonnée permettant le passage de la route sous le domaine représente quant à elle une prouesse technique modeste mais ingénieuse, réunissant les deux parties du parc sans interrompre la cohérence visuelle de l'ensemble.
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Map
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